AGORA DES SAVOIRS – Session de novembre-Décembre 2019 : La Biodiversité

Rendez-vous incontournable des passionnés de la science et de la connaissance, l’Agora des Savoirs propose en novembre et décembre des conférences autour du thème de la biodiversité.
Au programme en novembre et décembre
Mercredi 27 novembre 2019
Dr Jean-Christophe Glaszmann, directeur de recherche au Cirad (AGAP – Amélioration Génétique et Adaptation des Plantes méditerranéennes et tropicales)« Biodiversité des riz, histoires d’hommes, de génomes, d’arômes…»
Le riz nourrit une part importante de l’humanité. Domestiqué plusieurs fois sur plusieurs continents, il est cultivé depuis une dizaine de milliers d’années en Asie et montre une diversité d’adaptation extraordinaire, amplifiée par sa diffusion dans le monde entier. Sur les tables également, de la texture des riz gluants aux arômes des Basmati ou des Jasmin, le riz émerveille par sa diversité délicate. L’analyse des génomes vient aujourd’hui éclairer l’histoire des riz et leur évolution avec les hommes. A partir de quelques exemples, j’essaierai de partager l’excitation des chercheurs et d’introduire certains de leurs questionnements face à ces opportunités.

Jean Christophe Glaszmann est chercheur au Cirad à Montpellier. Ingénieur Agronome, il a commencé ses recherches à Montpellier au CEFE (alors CEPE) sur la diversité génétique de populations naturelles du dactyle, une graminée très répandue, sur les flancs du Mont Aigoual. Entré à l’IRAT, plus tard intégré au Cirad, il a ensuite fait une thèse sur la diversité génétique du riz, qu’il a poursuivie pendant cinq ans à l’International Rice Research Institute aux Philippines. Ses travaux ont conduit à une révision importante de la classification des riz cultivés utilisée par les sélectionneurs pour orienter la création de nouvelles variétés. Il a ensuite travaillé sur l’analyse des génomes de différentes graminées cousines, comme le maïs, la canne à sucre ou le sorgho, et un peu plus loin le bananier. Après avoir eu la charge de grosses structures au Cirad, il reprend des activités de recherche sur le riz, mais cette fois avec une finesse d’analyse nouvelle qui permet d’étudier l’évolution des populations et des caractères.
Mercredi 4 décembre 2019
Dr Richard Joffre, CNRS (Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive de Montpellier)« Le quinoa, des bobos aux Incas »
Le quinoa, autrefois inconnu en Europe, est devenu depuis quelques années tendance. On le considère comme un aliment sain et équitable. Derrière cette image, se cachent bien des paradoxes. Qui sait que la première région exportatrice de quinoa dans le monde est une petite zone semi-désertique du sud de l’Altiplano bolivien ? Comment le quinoa peut-il y être produite en grande quantité ? Comment cette région marginale s’est-elle insérée dans un circuit mondialisé ? Quelles conséquences ce boom inattendu a-t-il eu sur la société locale ? Données archéologiques et études contemporaines nous permettront de retracer cette histoire exceptionnelle et de questionner son futur.

Après des études d’agronomie à Montpellier, le Dr Richard Joffre s’est spécialisé en écologie et est rentré au CNRS en 1988. Il effectue ses recherches au sein du Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive de Montpellier qu’il a dirigé de 2014 à 2019. Ses travaux portent sur la compréhension du fonctionnement des écosystèmes terrestres en terme de flux de matière (eau, carbone, nutriments…). Depuis plus de vingt ans, il s’est intéressé à la réponse des écosystèmes forestiers méditerranéens aux changements climatiques. Initialement centrées sur les écosystèmes méditerranéens, ses activités ont été élargies à d’autres écosystèmes qui subissent de très fortes contraintes. En 2007-2008, il a vécu et travaillé en Bolivie sur l’impact du boom du quinoa sur le fonctionnement des écosystèmes et des sociétés andines au sein d’un programme pluridisciplinaire alliant sciences humaines et sciences de l’environnement. Depuis cette date, et en collaboration avec des archéologues et anthropologues, il a élargi son champ de recherche à l’étude des sociétés andines préhispaniques.
Mercredi 11 décembre 2019
Dr Sébastien Barrot, IRD, ingénieur forestier (Institut d’Ecologie et des Sciences de l’Environnement de Paris)« L’écologie, les sols, l’agriculture »
L’écologie est la science qui étudie les interactions entre les organismes, et entre les organismes et leur environnement physico-chimique et cherche à comprendre et prédire toutes les conséquences de ces interactions de l’échelle de l’agrégat de sol à la biosphère. Le premier but de la conférence est de donner des clés d’entrée dans cette science et de montrer comment les chercheurs en écologie travaillent. Pour cela, différents exemples seront présentés, tirés de l’écologie des sols et des travaux menés à la station d’écologie de Lamto en Côte d’Ivoire. Il sera aussi question des mécanismes par lesquels les vers de terre influencent la croissance des plantes. Dans un deuxième temps, la conférence abordera les applications de l’écologie et montrera à quel point cette science est cruciale dans le contexte actuel de crise climatique et de la biodiversité. Pour cela, différents exemples seront développés en s’appuyant en particulier sur la nécessaire réforme des pratiques agricoles et du système agricole mondial.

Sébastien Barot est Ingénieur Forestier (FIF-ENGREF). Il a effectué sa thèse, soutenue en 1999, sur la démographie du palmier Rônier à la station de Lamto en Côte d’Ivoire. Il a ensuite effectué un post-doc à l’IIASA en Autriche sur l’impact évolutif de la pêche sur la stratégie de reproduction de la morue. Depuis 2002 il travaille à l’IRD dans le domaine de l’écologie des sols, des interactions souterrain-aérien et du recyclage des nutriments. Il a ainsi beaucoup travaillé sur les effets des vers de terre sur la croissance et la démographie des plantes. Directeur de Recherche depuis 2011, il a rejoint le laboratoire Bioemco à Paris, puis l’Institut d’Ecologie et des Sciences de l’Environnement en 2014. Dans tous ces travaux il a allié travaux de terrain, expérimentation et modélisation mathématique combinant approches purement écologiques et évolutives. Ses travaux de terrain ont été menés essentiellement en Afrique de l’Ouest et en particulier en Côte d’Ivoire. Enfin, en termes d’application des connaissances fondamentales, il s’intéresse à l’ingénierie écologique et à l’agro-écologie. Il est actuellement Vice-Président de la Société Française d’Ecologie et d’Evolution, vice-président du Conseil Scientifique de la Fondation pour la Recherche sur la biodiversité, et membre du Conseil Scientifique d’AgroParisTech.
Mercredi 18 décembre 2019

Dr François Bonhomme, CNRS (Institut des Sciences de l’Evolution de Montpellier)

« Combien de temps faut-il pour faire une espèce ? Une vision génomique…»
La notion d’espèce est au cœur de la biologie depuis ses origines. Savoir sur quelles bases elles sont définies, de quoi sont-elles constituées, comment se forment-elles et à quelle vitesse, occupe les systématiciens, les taxinomistes, les paléontologues, les écologues, les généticiens et les évolutionnistes depuis des décennies. Ce n’est donc pas une mince affaire, et ce thème transversal est central dans notre compréhension des origines de la biodiversité, de son maintien, de son fonctionnement. Que nous apprend le décryptage des génomes d’un nombre croissant d’espèces sur ces questions ? C’est ce que nous aborderons notamment à travers l’analyse d’exemples où la spéciation n’est pas arrivée à son terme…

François Bonhomme a effectué l’essentiel de sa carrière à l’Université de Montpellier où il est depuis peu directeur de recherche émérite et dont il a dirigé pendant 15 ans la Station de biologie marine de Sète. Ses nombreuses publications et son rôle de pionnier dans le développement de la génétique moléculaire des populations lui ont valu la médaille d’argent du CNRS. La compréhension des mécanismes génétiques qui sous-tendent la création et le maintien de la biodiversité, notamment sous forme d’espèces distinctes. La question de la spéciation donc est le thème central de ses recherches, qu’il a appliquées en particulier au domaine marin. François Bonhomme est actuellement engagé dans les instances régionales de protection du patrimoine naturel et collabore à la revue ESpèces.

INFORMATIONS PRATIQUES
Toutes les conférences sont gratuites, pour tout public et se tiendront à 20h à l’Espace Rabelais sur l’Esplanade Charles de Gaulle à Montpellier.

 

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